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Trouver des mainteneurs pour les paquets abandonnés

Samedi 28 juillet 2007

Lorsqu’un mainteneur Debian n’a plus le temps de maintenir un logiciel, il l’abandonne (”orphan” en anglais). Pour cela, il ouvre un bogue spécial sur le paquet wnpp et envoie une nouvelle version du paquet qui change le mainteneur en “Debian QA Group <packages@qa.debian.org>”.

L’équipe QA va assurer la maintenance du paquet, le temps qu’un nouveau mainteneur propose de reprendre le paquet. Si personne ne se propose, le paquet finira par être supprimé de la distribution. C’est souvent une bonne chose (cela permet de se débarrasser des logiciels obsolètes), mais il y a aussi des cas où garder le paquet aurait été intéressant si un bon mainteneur était disponible.

Pour éviter que des paquets utiles ne disparaissent, il peut être intéressant de surveiller la liste des paquets orphelins et d’essayer d’avertir la communauté des utilisateurs/développeurs du logiciel lorsque le paquet est abandonné chez Debian et d’essayer de susciter des vocations pour que quelqu’un reprenne la maintenance du paquet Debian avant qu’il ne soit trop tard.

Pour rester informé des paquets abandonnés, il est possible de s’abonner au paquet “wnpp” sur le système de suivi de paquets, mais vous recevrez également tous les messages concernant les mises en paquet, les recherches de co-mainteneurs, etc. Les paquets récemment abandonnés sont également signalés dans Debian Weekly News (dont la fréquence de publication est malheureusement très aléatoire ces derniers temps).

Pour chaque bogue “O:” que vous jugez intéressant de suivre, il est possible de vous y abonner (individuellement cette fois-ci) en envoyant un message à XXXXXX-subscribe@bugs.debian.org (en remplaçant XXXXXX par le numéro du bogue évidemment).

Cet article fait partie d’une série expliquant - par des exemples - comment contribuer à Debian.

Assurer le support technique

Jeudi 26 juillet 2007

Assurer le support technique est une composante essentielle à l’écosystème du logiciel libre.

Que cela soit sur une liste de diffusion comme debian-user-french@lists.debian.org, sur des forums, ou sur des canaux IRC comme #debian-fr sur irc.debian.org, la logique sous-jacente est toujours la même: avec une communauté ouverte et accueillante, cela permet d’avoir plus d’utilisateurs et donc, à terme, plus de contributeurs. En outre, lorsqu’un utilisateur rencontre une difficulté, il est possible qu’il mette le doigt sur un problème réel, vous pouvez alors l’aider à signaler le bogue.

Enfin, lorsqu’on cherche à résoudre les problèmes des autres, on est obligé de se documenter et de se renseigner sur des sujets variés. C’est une excellente démarche qui contribue au développement de nouvelles compétences. La lecture des autres réponses complète de manière utile vos propres recherches.

Quoi qu’il en soit, cette activité a fait partie intégrante de mes débuts chez Debian (voir des vieux exemples) et je considère encore que c’est un premier pas nécessaire pour être au contact de la communauté (qui est aujourd’hui bien plus étendue qu’elle ne l’était à mon époque ;-)).

Cet article fait partie d’une série expliquant - par des exemples - comment contribuer à Debian.

Implémenter des solutions

Lundi 23 juillet 2007

Pour ceux qui savent programmer, il y a de nombreux bogues pour lesquels la situation est claire: soit parce que le bogue a été bien diagnostiqué et qu’on sait relativement bien comment l’application aurait du se comporter, soit parce que le bogue était directement un souhait d’amélioration (priorité “wishlist”) clairement formulé.

Dans ces cas là, et si on maîtrise le langage de programmation dans lequel le logiciel est écrit, c’est souvent un défi amusant que d’essayer de se plonger dans du code que l’on n’a pas écrit, de le comprendre et d’être capable de le modifier pour qu’il se comporte comme on le souhaite.

Ainsi, après avoir spécifié le bon comportement de dpkg -S face à un lien symbolique inconnu du système de paquetage, j’ai envoyé un patch au bogue 443290 qui corrige le comportement de dpkg dans ce cas particulier.

Notez au passage que le BTS dispose d’un tag “patch” qui permet de signaler qu’un correctif est disponible pour le bogue, et qu’en envoyant mon patch j’ai mis control@bugs.debian.org en copie cachée afin que le BTS enregistre la commande “tag 433290 + patch” qui est placée au début de mon message.

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Hardware4linux : enfin !

Dimanche 22 juillet 2007

Cela fait longtemps que j’attendais cette initiative, je suis heureux de découvrir l’existence de
http://hardware4linux.info/.

Il n’était pas concevable qu’il n’y ait toujours de pas de base de données collaborative du matériel informatique où les utilisateurs pourraient indiquer la compatibilité ou non avec Linux, et les démarches nécessaires pour faire marcher le dit matériel (distribution par distribution).

En plus, Frédéric Lepied qui est derrière cette initiative est un développeur Debian (mais il ne fait plus rien depuis son départ chez Mandriva, en fait je croyais qu’il n’était plus DD mais apparemment sa clé est toujours dans le keyring).

Il faudrait vraiment que quelqu’un réalise un paquet Debian de ce logiciel (le site recommande l’emploi de alien pour le moment) !

Avoir des idées, proposer des solutions

Dimanche 22 juillet 2007

Une fois un problème identifié, il faut proposer une solution. Cela ne signifie pas nécessairement écrire du code… dans bien des cas, avant d’en arriver au code, il faut définir quel devrait être le comportement correct d’une application.

Un exemple avec le bogue #433290 qui défend l’idée que dpkg -S ne devrait pas échouer sur /usr/bin/man qui est un lien symbolique (n’appartenant à aucun paquet) mais pointant sur le binaire /usr/lib/man-db/man (qui appartient au paquet man-db).

On comprend aisément le besoin de l’utilisateur qui souhaite savoir quel paquet fournit la fonctionnalité /usr/bin/man et qui n’obtient pas la réponse attendue. Mais il faut mettre en balance l’exactitude technique: on ne peut pas dire que /usr/bin/man appartient au paquet man-db si ce n’est pas le cas.

J’ai donc fait une proposition intermédiaire où dpkg informe que /usr/bin/man n’est pas empaqueté mais que c’est un lien symbolique pointant sur un fichier empaqueté.

Pas besoin d’être programmeur pour spécifier le comportement satisfaisant l’utilisateur tout en étant techniquement juste. Il faut juste du temps, des idées et du bon sens. :-)

N’hésitez pas à donner d’autres exemples dans les commentaires.

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Utiliser testing/unstable et signaler des bogues

Jeudi 19 juillet 2007

C’est vraisemblablement la contribution la plus simple et la plus largement pratiquée. Les utilisateurs avides de nouveautés emploient les versions testing/unstable qui évoluent en permanence. Lorsqu’ils rencontrent des problèmes, ils consultent immédiatement le système de suivi de bogues pour voir s’il est déjà répertorié. Si ce n’est pas le cas, ils se chargent de rédiger un rapport de bogue détaillé, grâce à l’outil reportbug (voir le paquet).

Ensuite, ils répondent du mieux qu’ils peuvent aux sollicitations que le mainteneur leur envoient pour comprendre dans quelles circonstances le problème se manifeste. C’est pourquoi l’usage de la langue anglaise est de rigueur… toutefois si l’anglais vous bloque, il est possible de demander de l’assistance sur la liste de diffusion debian-user-french@lists.debian.org. D’autres pourront peut-être reproduire le problème et signaler le bogue pour vous.

On peut aussi formuler des souhaits d’améliorations (ajout de fonctionnalité, changement d’un comportement par défaut, etc.), la priorité “wishlist” du BTS est dédiée à cela.

Sachez enfin, qu’on peut consulter tous les bogues que l’on a soumis avec une URL comme celle-ci (ici avec mon email hertzog@debian.org) : http://bugs.debian.org/cgi-bin/pkgreport.cgi?submitter=hertzog@debian.org

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Politique de dégroupage chez Free

Jeudi 19 juillet 2007

Depuis l’année dernière je suis propriétaire d’une maison sur la commune de La Talaudière. Auparavant j’étais à Saint-Etienne (et en zone dégroupée). En achetant j’ai pris soin de consulter les cartes de dégroupage, et La Talaudière devait à l’époque être dégroupée au deuxième semestre 2006.

Finalement la ville a été dégroupée au courant de janvier 2007… mais pas moi. La majeure partie de la ville dépend du répartiteur LTA42 mais moi je dépends de MOL42, un répartiteur attaché à la zone industrielle de la ville. Depuis les cartes de dégroupage de Free ne cessent de changer pour afficher dégroupage premier semestre 2007 puis deuxième semestre 2007.

Évidemment les statistiques sont moins intéressantes sur ce répartiteur, 2000 lignes seulement (contre 7000 sur LTA42) et sûrement une majorité d’entreprises (qui ne sont pas la cible de Free). J’ai alors essayé de me renseigner pour savoir si oui ou non ce répartiteur sera dégroupé un jour… évidemment peine perdue, du moins en passant par les hotlines habituelles.

Connaissant quelques personnes travaillant chez Free, j’ai essayé de glaner des informations et la seule chose intéressante que j’ai apprise est qu’il y aurait des DSLAM de plus petites capacité en préparation (200 lignes au lieu de 1000) qui coûtent moins cher et qui pourraient convenir pour ce genre de répartiteur (à condition qu’il soit fibré, ce qui est le cas puisque tous les répartiteurs de la Loire l’ont été par LOTIM). Tous mes demandes d’informations (même chez Freenews, pourtant souvent prompts à s’intéresser aux problèmes des Freenautes) sont restées veines jusqu’à présent. Et ce n’est pas faute d’être constructif, je suis allé jusqu’à demander combien de foyers doivent être recrutés sur ce répartiteur pour que le dégroupage soit économiquement viable pour Free.

Mais non, silence radio. Donc je continue patiemment d’attendre, j’ai un excellent débit en IP/ADSL (meilleur que certains dégroupés éloignés que je connais) mais je n’ai pas le droit à la télévision ni aux dernières innovations… celles-là même dont Free fait la promo dans la newsletter qu’ils viennent d’envoyer. Une newsletter séparée pour les dégroupés et les non-dégroupés serait peut-être la bienvenue. :-)

Le système de suivi de paquets

Mercredi 18 juillet 2007

Dans mon billet précédent, j’ai présenté le travail du trieur de bogues. Pour être efficace dans cette tâche, il est fort pratique de recevoir automatiquement tous les courriers envoyés par le BTS et reçus par le mainteneur (même s’il est toujours possible de les retrouver sur l’interface web). Cela permet d’être informé instantanément des tous derniers changements et de réagir rapidement.

Pour cela, il faut employer le système de suivi de paquets (connu sous le doux nom de PTS). Le PTS se compose d’une interface web résumant toutes les informations d’un paquet source (accessible à l’adresse http://packages.qa.debian.org/paquet-source), et d’une liste de diffusion associée qui permet de recevoir les mêmes informations que le mainteneur Debian (et même plus). Le fonctionnement du PTS est documenté dans la référence du développeur Debian.

Pour s’abonner à la liste de diffusion associée, le plus simple est d’utiliser le formulaire dédié que l’on trouve sur l’interface web du PTS. Il intéressant de noter qu’il y a un mode avancé d’abonnement qui permet de sélectionner finement les informations que l’on souhaite recevoir. En effet, le PTS fait suivre des informations de provenance diverses:

  • les messages du système de suivi de bogues (BTS donc) ;
  • les messages de notifications d’envoi de nouvelles versions du paquet ;
  • les informations de propagation d’un paquet dans la distribution testing ;
  • les modifications effectuée sur le paquet par des distributions dérivées (comme Ubuntu) ;
  • les notifications de changement dans le système de gestion de sources employé pour gérer le paquet ;
  • etc.

L’interface web du PTS rassemble de nombreuses informations concernant chaque paquet (les versions disponibles, des statistiques sur les bogues, l’historique des derniers changements, etc.) et pointent vers d’autres ressources qui peuvent être utiles (les logs de recompilation, les avertissements de lintian, etc.). Voici quelques exemples: dpkg, aptitude, iceweasel, subversion.

Je me sers tellement souvent de ces pages que j’ai configuré mon navigateur web afin que je puisse taper “pts paquet” dans la barre d’adresse et qu’il me renvoie automatiquement sur la page correspondante du PTS. Avec Iceweasel, il faut créer un marque-page spécial dans la catégorie “Quick Searches”: l’adresse doit être “http://packages.qa.debian.org/%s” et le mot-clef associé est “pts”.

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Trier les bogues et les faire suivre

Mardi 17 juillet 2007

Une des premières tâches du mainteneur de paquet Debian est de gérer les bogues que les utilisateurs soumettent sur son paquet. Avec le temps, les rapports de bogue ont tendance à s’accumuler en particulier pour les paquets les plus populaires. Le mainteneur (ou l’équipe de maintenance) n’a souvent pas les ressources nécessaires pour rattraper ce retard et traiter correctement ces rapports.

C’est dans ce contexte que l’aide externe d’un “trieur de bogue” est très appréciée. Je vais illustrer la manière de procéder par le biais de Brice Goglin, trieur de bogues pour l’équipe X Strike Force.

Dans le bogue #378917, il demande à l’utilisateur ayant signalé le bogue de vérifier si le problème existe toujours avec la dernière version de Xorg. Personne d’autre n’ayant rencontré le problème, et n’ayant obtenu aucune réponse de ce dernier en l’espace d’un mois, le bogue a été fermé par ses soins. Dans des conditions similaires, si l’adresse email de l’utilisateur n’est plus valide, le bogue peut être fermé (exemple: #109328).
Il arrive aussi qu’il n’ait plus le matériel nécessaire pour reproduire le problème (exemple: #319750).

Il y a des vieux bogues que Brice est capable de reproduire: dans #93665, le problème sur xcalc est toujours présent et il a donc enregistré le bogue dans le système de suivi Xorg (voir ticket 10578 de Freedesktop.org). Le statut du bogue Debian a été changé pour indiquer que le bogue a été “forwardé” et qu’il est toujours présent dans la version 1:7.2.ds2-1 du paquet (voir le message de Brice responsable de ce changement).

D’autres bogues sont indéniablement corrigés, il s’agit alors de les fermer proprement en indiquant si possible la première version du paquet qui contient le correctif (exemple: #405792). Au passage, le bogue doit parfois être réaffecté à un autre paquet parce que l’utilisateur n’a pas forcément identifié le paquet responsable de son problème.

Parfois les utilisateurs soumettent des rapports de bogues qui ont déjà été soumis, soit parce qu’ils n’ont pas fait attention, soit parce que le problème leur semblait différent de ceux déjà rapportés (bien que le problème sous-jacent soit le même). Ainsi le bogue #425663 n’est pas immédiatement identifié comme un doublon. Mais après quelques explications de Julien Cristau, Brice remarque la similitude avec #164379 et fusionne les deux bogues.

Ce travail de trieur de bogues n’est pas forcément très attrayant aux premiers abords mais le contact direct avec les développeurs permet d’apprendre de nombreuses choses. De plus, lorsque les progrès sont visibles, il y a de quoi être fier et cela donne un surplus de motivation. :-)

Nombreuses sont les équipes qui acceptent volontiers l’aide de trieur de bogues. L’équipe KDE a même une page dédiée pour les guider.

Pour être efficace, le trieur de bogues est idéalement un utilisateur régulier du logiciel (ou de la suite logicielle). Il doit également investir un peu de temps pour se familiariser avec le système de suivi de bogues de Debian ainsi que celui employé par les développeurs “amont” du logiciel en question.

N’hésitez pas à écrire pour proposer votre aide aux mainteneurs des logiciels que vous connaissez. En naviguant dans les pages du BTS, il est facile de trouver les paquets qui ont besoin de votre aide (un point de départ, un autre).

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Être à l’affût des nouveautés et mettre en relation

Lundi 16 juillet 2007

En lisant Planet Ubuntu, j’ai découvert l’existence du logiciel Homebank, un logiciel de comptabilité personnelle libre. Son aspect visuel est très attrayant et il a l’air d’être relativement fonctionnel. Mon premier réflexe est de lancer la commande apt-cache search homebank pour voir si le logiciel est disponible dans Debian: la réponse est non.

Je parcours alors le site web et trouve un lien Getdeb indiquant l’existence d’un paquet Ubuntu. Je m’empresse d’envoyer un mail à la personne qui a mis ce logiciel en paquet pour Ubuntu (Adrien Cunin) en lui demandant si elle ne veut pas le maintenir dans Debian directement et je me propose d’être son sponsor (seuls les développeurs Debian peuvent être sponsors, mais vous auriez pu rediriger n’importe quel mainteneur de paquet vers la liste debian-mentors@lists.debian.org pour trouver un sponsor).

Après ce premier mail, je me décide à vérifier dans WNPP (ou ici) si le paquet est en cours de paquetage ou si quelqu’un d’autre l’a déjà demandé. Je découvre l’existence d’un ITP (Intent To Package) sous le bogue #426895. C’est Francesco Namuri qui a indiqué son intention de créer le paquet. Je lui demande alors des nouvelles et lui indique l’existence d’un paquet chez Ubuntu. Je lui demande dans la foulée s’il serait intéressé par co-maintenir le paquet avec le mainteneur Ubuntu. Je le dirige vers la page du wiki qui explique comment Alioth est employé pour la co-maintenance.

Le paquet vient d’être intégré dans le dépôt Subversion collab-maint, on peut le voir ici. Double bénéfice pour Debian: le paquet a deux mainteneurs motivés au lieu d’un seul et le paquet est maintenu avec l’infrastructure ouverte de Debian.

Cet article fait partie d’une série expliquant - par des exemples - comment contribuer à Debian.


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